“Sensations fortes”, c’est en ces mots que BABA présente le roller ou l’art de la glisse de rue.
Baba est un jeune sénégalais de 25 ans qui a découvert le roller dès sa jeune enfance, depuis lors il en a fait sa vie bravant tous les obstacles sur son chemin.
Malgré les mauvaises conditions de pratique du roller au Sénégal, BABA avec ses modestes paires de "Quad" sillone les rues de Dakar en compagnie de ses amis à la recherche de sensations fortes...
Sauts, esquives, acrobaties, danses, rien n’échappe à la rage de ses fous de la glisse.
Les Américains et les Européens one en fait une discipline très structurée par le biais de compétitions, de championnats et le tout supporté par des sponsors aux marques de prestige, offrant la possibilité à des milliers de jeunes rollers de vivre de leur art.
Baba lui est conscient de cela et tous ces efforts tendent dans ce sens, il sait qu’il n’a rien à envier à ses collègues occidentaux si ce n’est l’avantage du matériel.
Son rôle de moniteur dans un centre de patinage à Libreville (Gabon) l’atteste. Aujourd’hui, revenu dans son pays natal, BABA apprend bénévolement à de jeunes Sénégalais l’art de patiner en toute aisance. Il leur offre ainsi cette "sensation forte" que produit cet art subtil de la glisse où la montée d’adrénaline survient à tout moment.
BABA a bien voulu se prêter avec nous au jeu des questions réponses :

Depuis combien de temps pratiquez-vous l’art du roller ?
BABA : Je m’adonne à ce sport depuis l’âge de six an.
la première fois que j’ai patiné c’était chez mon oncle pendant les vacances, là j’ai appris à patiner entre deux murs, j’allais d’un côté à l’autre du mur et je me réceptionnait avec mes mains.
Quelle est l’origine du Roller au Sénégal ?
BABA : Je peux dire que le roller s’est fait réellement connaître grâce au cli "Nathalia" du groupe V.I.B. dans lequel je fesait des démonstrations de danses acrobatiques et de sauts avec mes paires de Roller.
Depuis ce temps de nombreux jeunes viennent vers moi pour apprendre les bases de ce sport tandis que d’autres se débrouillent à travers les rues de Dakar ;
Existe-t-il des compétitions et des sponsors pour développer le Roller dans notre pays ?
BABA : Non, il n’y a ni sponsors, ni compétitions pour promouvoir ce sport ici. Mon souhait serait d’organiser des compétitions mais il y a tellement de problèmes et d’obstacle. Tout d’abord nous ne sommes pas encore structurés autour d’une fédération, nous pratiquons par groupe. Ensuite vient le problème des moyens et du matériel. Jusqu’à présent il y a très peu de Roller qui pratiquent avec de vrais paires, c’est à dire avec des blades. La majorité des rollers pratique avec des Quads, c’est le modèle ancien qui est moins performant mais parfait pour l’apprentissage. D’ailleurs moi j’ai appris avec ceux-là.
Patiner en ville au beau milieu de la circulation présente de nombreux risques pour vous, mais aussi pour ces jeunes qui vous suivent ; en êtes-vous conscient ?
BABA : Oui, je crois que nous en sommes conscient. Et quand il y a des problèmes j’interviens et je leur apporte mon aide. Dans la circulation, il y a des milliers de pièges surtout avec les automobiles et pour ça j’ai pu créer pleins de techniques qui nous permettent de sortir des situations les plus dangereuses en attendant d’ouvrir un lieu propice pour la pratique.
Existe-t-il des techniques de base pour l’apprentissage du Roller blade ?
BABA : En ce qui concerne l’apprentissage, il faut d’abord apprendre à s’équilibrer, ensuite apprendre à pousser avec ses paires et le reste vient tout seul avec la pratique. Mais le plus important est l’équilibre et la poussée, ce sont les deux techniques de base de Roller. Pour ça, il faut se munir soit d’une paire de Blades soit d’une paires de Quad. Les Blades sont les derniers modèles, ils coûtent cher mais permettent d’acquérir l’équilibre en l’espace quelques jours alors que les Quads nécessitent un apprentissage complet.
Vous disiez tout à l’heure que le Roller Blade vous permet de vous déplacer rapidement dans les rues et qu’il est devenu votre moyen de transport.
Est-ce une des raisons qui vous ont poussées à pratiquer ce sport ?
BABA : Je le pense, d’ailleurs à titre d’exemple j’ai une fois fait le trajet Mermoz-Plateau en 8 minutes rien que pour vous dire à quel point on peut se déplacer rapidement. L’avantage c’est qu’on ne s’arrête pas, même s’il y a des embouteillages. Le seul inconvénient apparaît au moment de la saison des pluies.
Quels sont vos projets pour le futur ?
BABA : Je voudrai créer une association pour promouvoir réellement notre art, je suis en train de faire les démarches dans ce sens en ce moment. Parallèlement à cela, j’entreprends de créer une petite entreprise pour donner du travail à tous les Rollers. Nous pourrions faire de la livraison de Pizza, voire même de courrier, nous avons acquis de l’expérience ne travaillant ponctuellement pour des entreprises. Au moment où je vous parle, nous sommes déjà engagés avec une agence de communication pour assurer la distribution de prospectus. Tout ça pour vous dire que les projets sont là et que les rollers ont pleins d’avenir au Sénégal.
ASSANE SECK Article paru dans "ART+, le gratuit de promotion culturelle" nov 2001.





